Ennemie intime

La création 2019

Accroche

La 4e saison de la compagnie revisite la première création en un acte, qui a été présentée initialement à l’été 2016, s’intitulant « Ennemie intime ». Pour l’occasion, Yann Busnel ré-invite à la co-écriture Séverine Busnel, professeure de danse et chorégraphe professionnelle parisienne (membre de la compagnie de danse contemporaine « Les Pieds Ingénus »).

Cette création s’articule autour de la schizophrénie, en rythmant avec humour et émotions la montée progressive des symptômes d'un souffrant. La pluri-personnalité du personnage central s’illustre alors grâce à différentes formes de danses (re)visitées tout au long de cette chorégraphie.

Argument

Tableau 1 : « Lui et tous ses "lui" »

Le spectacle commence avec le personnage principal entouré de ses multiples personnalités. Chacune d'elles se présente au public par une succession de solos et duos. S’ensuit une analepse : le personnage se lève et toutes ses personnalités s’éclatent. Par un jeu de scène qui « déshabille » le personnage principal, les personnalités remontent le temps, retournant à l’origine des premiers symptômes.

Tableau 2 : « Avant »

Le personnage est bien intégré à la société, saluant tour à tour de nombreux amis et connaissances. Invité, il danse et s’amuse comme tout un chacun. Cependant, au cours de cette fête, il commence à entendre des voix, qui l’intriguent et le perturbent.

Tableau 3 : « Premiers symptômes »

Lors d'une cassure musicale avec le tableau précédent, ces voix s’élèvent avec plus d’intensité, mettant le personnage dans un état d’incompréhension totale. La société qui l'entoure évolue vers une modernité, passant par le hip-hop puis le contemporain, toujours mêlés de tradition bretonne. Le personnage progresse également, mais différemment, en décalage avec ses partenaires. Ses voix intérieures sont de plus en plus fortes, jusqu'à l’oppression.

Tableau 4 : « Hallucinations »

Les symptômes s’intensifient encore. Désireuse d'éviter le côté dramatique de la situation, la compagnie présente les premières hallucinations avec un approche plutôt légère, osant même l'humour... Ces délires sont dans un premier temps visuels : le personnage cherche à échapper à des animaux et insectes qu’il est seul à voir. Les danseurs, représentant jusqu’à présent la société, incarnent progressivement des individus irréels, issus de l’imagination du personnage. Tous convergent ainsi vers des hallucinations collectives.

Tableau 5 : « Paranoïa »

Les compagnons imaginaires évoluent peu à peu comme des ennemis potentiels, rendant notre personnage de plus en plus paranoïaque. Illustré par des situations burlesques, ce tableau traduit la montée de l’exclusion sociale du personnage.

Tableau 6 : « Isolement »

Désormais esseulé, le protagoniste, à l’image de ses personnages fictifs, s’isole progressivement de la société. Illustrée par des solos variés et des mouvements de masse, cette impression d’isolement se renforce de plus en plus.

Tableau 7 : « Folie »

Sombrant définitivement dans la folie, tous les symptômes deviennent alors très visuels, à la fois extravagants et clownesques : gestes impulsifs, mouvements compulsifs, grimaces, sourires et rires fous... Atteignant leur paroxysme, tous les personnages sont alors habités par des tourbillons d’énergie qu'il leur est impossible de maîtriser... Accompagné de ses multiples personnalités imaginaires, le protagoniste est alors intercepté par deux infirmiers qui l’emportent. Tous se figent dans un placement rappelant la position initiale du spectacle.

La musique

Logan Dataspirit est un compositeur de musiques électroniques originaire de Rennes. Issu d'une formation classique il est rapidement influencé dans les années 90 par des artistes tels que The Future Sound of London, Boards of Canada, Aphex Twin et Deep Dish. Ses compositions et remix lui permettent de signer sur le label techno français Scandium Records (Dalcan & Nazca), sur le label house belge Soulheat Records (U-Ness & JedSet) ainsi que sur une dizaine de labels internationaux. Son univers musical est éclectique et emprunte à l'ambient, au break beat, à la house et à la drum'n bass. Artiste engagé dans le libre accès à la culture, la plupart des productions sont accessibles sous licence Creative Commons.

Dans Ennemie Intime, la création musicale est une composition originale conçue en collaboration avec des musiciens traditionnels, ayant pour objectif de compléter la mise en scène dans la narration tout en soutenant la danse. Chaque musicien a enregistré des thèmes collant aux différents tableaux du spectacle. Ces enregistrements ont servi de base à la création des morceaux électroniques, sur le principe du remix. Des enregistrements supplémentaires ont été effectués afin d'enrichir les tableaux de manière itérative. Ces morceaux sont ensuite décomposés en différents éléments qui seront reconstitués pendant la représentation afin de coller à la scénographie, sur le principe du live DJ.

Les musiciens

Loic Cudennec

Platines | Composition

Arnaud Devlamynck

Flûte

Thameur

Batterie

Carole Percevault

Chant

Yves Lebrun

Clarinette

Michel Le Corre

Accordéon

Ronan Barbot

Cornemuse

Ewen Camberlein

Flûte

Marc Clérivet

Chant

Gwenaël Lambrouin

Flûte

Le costume

L’opportunité a de nouveau été donnée à Valérie Nief de laisser libre cours à la création en qualité de costumière. Cette passionnée de costumes, tant traditionnels que contemporains, a enrichi sa connaissance sur l’art de se vêtir, allant de la façon des couturières d'antan à l'inventivité d'aujourd'hui.

Costumière pour l'opéra et le théâtre pendant de nombreuses années, la Compagnie Keanoz lui a laissé une totale liberté de confection. Tout est possible et utilisable tant au niveau des coupes, des formes que des matériaux. Pour la création de Ennemie intime, le costume traditionnel breton se dessine en filigrane, avec quelques « street artists » plus actuels et autres « cosplayers ». Le vêtement devient alors semi-traditionnel, semi moderne